En vérité, je suis très compliqué et la fille parfaite, celle de mes rêves, je l'avais déjà trouvé 3 ans auparavant. Laissez-moi m'expliquer: en 4ème, (au collège Henry FABRE) j'étais amoureux de ce que l'on peut appeler une créature parfaite, elle n'était pas très grande mais possédait un visage d'ange, des yeux d'un marron clair et très profond qui laissait voir en elle l'intelligence et la pureté. Des dents blanches habillées d'un appareil dentaire qui lui donnait un petit air sexy. Je l'aimais énormément mais uniquement de loin, timide comme j'étais, je n'avais jamais osé ne serait-ce que lui adresser la parole. Mais quand je vis qu'elle était dans la classe d'un de mes meilleurs amis, je me suis dis que l'heure était venue de passer à l'action.
Je rappelle pour ce qui ne me connaissait pas en 4ème que j'étais un pauvre type mal fringué, les cheveux jamais coiffés, en surpoids à force de manger des conneries à longueur de journée et le pire, c'est que je ne me brossais jamais les dents !
Je me fis donc présenter par Philippe et j'appris qu'elle répondait au doux nom de Justine. Malheureusement elle avait déjà un petit ami dont je ne me souviens plus trop du nom et donc je devais attendre. Une semaine plus tard je la vis pleurer, voulant jouer le chevalier sauveur j'avais décidé de lui remonter le moral car, je le dis et j'en suis fière : Je suis un grand comique (sans me vanter, demandez à mon entourage et vous verrez bien !) Mais chanceux comme j'étais, je me suis fait rembarré d'une façon plutôt violente, ce qui en soit était prévisible, avec une marque de main sur la joue. J'en déduis à ce moment là qu'elle était très énervée et qu'il valait mieux pour mon matricule de sonner la retraite et de fuir cette furie. Je savais très bien que je n'étais pas très beau mais de là à m'accueillir de cette façon, il y avait des limites. Néanmoins je suis revenu à la charge, et là, gentiment elle m'expliqua tout : Comment elle s'était faîte larguer par son copain et comment ses copines ne lui adressaient plus la parole pour une raison qui me dépassait totalement. J'entrepris de la séduire et tous les jours que dieu faisait, je la draguais. Je décidais au grand bonheur de mon entourage de me coiffer, me brosser les dents et au grand dam de ma mère, je m'habillais à la mode. Mais je n'avais aucune envie de faire un régime et c'est cela, probablement, qui m'a perdu je crois; et pensant le bon moment venu je lui ai dit solennellement ce que je pensais d'elle et aussi que je l'aimais. Ce fut à un gala de GRS (car elle était gymnaste à temps perdu.) Je crus ma dernière heure arriver, elle me regarda de son regard assassin, et me dit ces mots blessant, des mots que je n'aurai cru entendre, et surtout pas de sa bouche : " Écoute, je ne te vois pas comme un petit ami et puis (en me regardant de haut en bas) tu n'es pas mon style. " C'était en fin d'année et, une semaine plus tard, je partais dans un lycée afin d'y faire une 3ème professionnelle. J'étais complètement abattu et dégoûté, j'avais la haine contre elle. Puis 3 secondes plus tard une bagarre éclata et je m'enfuis comme un lapin (je sais, je n'étais pas courageux à l'époque). Je ne la revis plus pendant 3 ans et pendant tout ce temps là, je m'étais appliqué à réellement changer. Régime, sport collectif, sport de combat... j'étais un autre homme prêt à tout pour trouver une petite copine parfaite mais mes recherches étaient vaines. Je pensais souvent aux derniers mots qu'elle m'avait adressés et, en m'endormant tous les soirs, je me disais que si elle me voyait aujourd'hui, elle regrettera de m'avoir lourdé comme un malpropre. Décidé à lui faire payer sa phrase maléfique. Je l'avais contacté pour lui donner un RDV au centre commercial. Je fus tellement heureux lorsque, quand je pus lui parler elle me dit: "Mais je ne te connais pas moi!"
Elle ne m'avait pas reconnu, c'était magnifique j'étais vraiment devenu un autre homme.
Finalement je lui dis qui j'étais et elle me reconnu enfin. On discuta longuement du passer et du futur pour finalement réussir à me faire inviter à son anniversaire la semaine suivante.
Mais, je le répète, poisseux comme j'étais, je suis retombé amoureux d'elle ; je ne comprenais pas, c'est elle qui aurait dû être charmée. Mais le destin, et tout le monde sait à quel point il sait être capricieux, était cruel avec moi.
Je regrette vraiment d'avoir accepté son invitation. (Cela me fait penser à une chanson de Louise attaque.)
Je me retrouvais le week-end suivant à être entourées de personnes que je n'avais jamais vu et le peu que je reconnaissais ne m'ont même pas capté.. J'entrepris donc de mettre sur pied mon plan machiavélique. Je la draguais, l'invitais à danser mais rien n'y faisait.
J'attendis la fin de la soirée et lorsque tout le monde fût partit, je tentais de l'embrasser et je ne sais par quel miracle elle ne détourna pas la tête. J'étais l'homme le plus heureux du monde.
J'avais tant attendu ce moment, trop longtemps j'ai prié pour que ce jour arrive, trop souvent j'ai pleuré en pensant à son sourire. Mais aujourd'hui le but de ma vie, celui de mon existence même est atteint.
Je fêtais ma victoire sur la vie lorsque mon téléphone vibra. « Vous avez reçu un nouvel SMS » je le lis : « Coucou c'est Justine, voila les choses ont été un peu précipités entre nous, je suis vraiment désolé mais nous devrions arrêter les dégâts ici avant qu'il ne soit trop tard, je ne peux pas te donner l'amour que tu mérites. On reste ami ? »
On reste ami ? ON RESTE AMI ? Pour qui elle me prend, comment c'est possible ? Je ne le mérite pourtant pas ! Un sentiment de rage m'envahis à ce moment là, j'ai l'impression que mes propres murs est le mobilier qui orne ma chambre se moque ouvertement de ma poire, surtout le gros mur en béton qui est en face de mon lit, lit dans lequel je suis allongé. Je me lève, tout rouge du visage et les yeux gonflés de tristesse, j'arme mon bras droit et y concentre toutes les forces de mon corps. Je frappe ce mur insolent avec tant de haine, de rage et de violence que quatre de mes phalanges se brisent sur le béton habillé de tapisserie bleue. C'est au tour de la fenêtre à double vitrage, elle vole en éclats, éclats qui par ailleurs, me déchire la peau et entre dans ma chair, se coincent dans mes articulations de la main droite. Le sang gicle de toute part. Mes hurlements déchirent le triste silence de la nuit. Je ne désire qu'une chose, c'est ma mort, si je ne peux vivre avec elle autant ne pas vivre du tout.
J'ai tout fait pour elle, j'ai changé pour elle, j'ai vécu pour elle et maintenant je vais mourir pour elle.
Je prends sous une pile de caleçon mon arme, celle que j'avais acheté pour me défendre, c'est celle qui va m'enlever la vie. Je charge mon 9mm, le tient contre ma tempe. Je me mets à hurlé : « POUR ELLE !! POUR ELLE !! POUR ELLE !! » Le coup part. Mon sang se répand une dernière fois dans la pièce... une dernière fois...